Travail : le Compte personnel de formation pourrait faire un retour en arrière de 8 ans avec une nouvelle réforme
Le Compte Personnel de Formation change de cap. Une nouvelle réforme pourrait le faire reculer de huit ans. Objectif : contrôler l’usage des droits.
Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, veut renforcer le contrôle du CPF. Fini la liberté totale. Chaque formation devra être validée par l’employeur ou France Travail. Un retour aux années 2018. L’ancienne ministre Muriel Pénicaud critique ce durcissement. Elle avait porté la loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel.
Un changement radical pour vos droits à la formation
Le « p » de CPF passe de « personnel » à « professionnel ». Ce changement de lettre change tout. Le dispositif n’est plus un outil individuel. Il devient un outil piloté par l’entreprise ou les services publics. Un vrai retour en arrière.
Le décret n° 2025-663 fixe les nouvelles conditions. Seules les actions de validation des acquis de l’expérience sont éligibles. Les formations libres, comme un stage de pizza artisanale, devront être justifiées. Une contrainte forte pour les reconversions personnelles.
Liste des changements majeurs
- Validation obligatoire par l’employeur, l’Apec ou France Travail avant toute formation
- Suppression de l’autonomie du salarié pour choisir sa formation
- Recentrage sur les formations certifiantes uniquement
- Conditionnement des fonds publics à un projet professionnel validé
- Retour à un système de contrôle bureaucratique proche de 2018
Le tableau comparatif : CPF personnel vs professionnel
| Critère | CPF avant 2026 | CPF après réforme |
|---|---|---|
| Choix de la formation | Libre par le salarié | Validé par l’employeur ou France Travail |
| Type de formation | Toute formation certifiante ou non | Formation certifiante uniquement |
| Délai d’accès | Immédiat, sans accord | Attente de validation (15 jours minimum) |
| Financement | Automatique sur le compte | Conditionné à un projet professionnel |
| Objectif | Développement personnel | Employabilité immédiate |
Impact direct pour les passionnés de pizza
Vous vouliez utiliser votre CPF pour apprendre les gestes du pizzaiolo ? Désormais, il faudra prouver que ce stage sert votre carrière. Un cuisinier en poste pourra le faire. Un amateur en reconversion devra convaincre son conseiller France Travail. Une barrière supplémentaire pour les vocations.
Le plan qualité annoncé en juillet 2025 visait à lutter contre la fraude. Mais il étouffe aussi les initiatives personnelles. Les formations « plaisir » sont les premières visées. Pourtant, elles mènent souvent à des reconversions réussies. Un paradoxe pour un dispositif censé favoriser l’emploi.
La réforme dans le détail : ce qui change vraiment
Le cabinet du ministre réunit les partenaires sociaux ce vendredi. L’objectif : préparer le décret d’application. Les syndicats dénoncent un retour en arrière. Pour eux, le CPF devient un outil de contrôle, pas d’émancipation. La formation continue perd son âme.
L’ancienne ministre Muriel Pénicaud monte au créneau. Elle rappelle que la loi de 2018 avait libéré le potentiel des salariés. Aujourd’hui, on revient à un système où l’employeur décide. Un net recul pour l’éducation professionnelle. Le droit du travail évolue vers plus de contraintes.
Le gouvernement justifie cette réglementation par la nécessité de réduire les abus. 200 millions d’euros de fraudes auraient été détectés en 2024. Mais le remède semble plus lourd que le mal. Les droits à la formation deviennent plus difficiles d’accès.